-j'ai rêvé d'elle.
-encore ?
-oui, cette fois c'est d'une intensité inexplicable. Je ne me rappelle plus d'avoir vécu un sentiment pareil.
- je suis désolé, mais tu es pris dans le piège encore une fois.
- mais quel piège ? Tu ne comprends pas. Tu sais que tout est fini. Ce n'étais qu'un fragment de nostalgie; Je pense.
- tu ne me l'aurais pas dit si c'était le cas. Tu ne viens pas ici pour un pli de page. Tu sais que le rêve est un désir profond. Un fantasme souvent refoulé. Psychologiquement parlant, tu veux la retrouver.
- arrête avec ton psychanalyste du dimanche matin. Et puis elle n'était pas exactement dans mon rêve. Mais c'était si intense. Voilà déjà 3 heures que ça s'était passé et j'en ai encore le coeur noué.
- pas exactement dans ton rêve ? Quel genre d'énigme est-ce celà ?
- rien d'énigmatique. J'ai fais un rêve dans un autre. Dans le premier j'étais amoureux d'elle et dans le second je me suis réveillé et j'avais une grande envie de pleurer.
-celà ne fais que confirmer mes dires. Tu désire la retrouver mais tu est tellement réprimant que tes désirs se font des acrobaties pour ne pas être chassés et rejetés. Ton inconscient est plus intelligent que toi et tu es d'une lâcheté sans précédent.
-merci ça me réchauffe le coeur. Je ne veux pas la retrouver. Laise moi continuer. Je me suis reveillé dans le second rêve, j'étais boulversé. Je pouvais me rappeler de mon passé et de mes sentiments. Ce n'était pas moi, celui qui est devant toi. Mais quelqu'un d'autre avec un autre passé et une autre histoire. Je me suis reveillé et j'avais mon chat à mes pieds. J'avais une sensation d'amertume et d'echec. Je portais un pyjamas en parcourant ma chambre et j'étais comme une personne sans âme dans un corps léthargique et paresseux. Il y avait du nihilisme là dedans...
-t'es sur que ce n'était pas toi ? Parce que là je ne vois aucune différence haha !
-ta gueule. J'avais une envie incessante de pleurer. Et je pouvais voir derrière ma fenêtre un ciel d'un bleu fade. Comme une veille d'une journée de fête ou un soir d'un été Hammam-Lifois sur le pergola de mon enfance. La vie était joyeuse et excitante dehors.J'avait un arrière gout de tristesse qui se dissipe et un sentiment de grandeur qui m'envahit et de la peur. J'avais le sentiment que ma vie bascule.
- ta vie ?
- oui, ma vie dans ce rêve là. J'étais comme un divinci devant sa Jeconde fraichement peinte et qui lui manque une petite retouche sur les doigts. Comme un Camus garant sa voiture un samedi matin devant la maison d'édition, le manuscrit de l'étranger à son coté sur le siège passager. Comme un Leone devant la table de montage regardant Tuco Benedicto Pacifico courant entre les tombes de l'immense cimetière avec la grande musique d'Ennio Morricone en fond. Je vivais une renaissance et c'est pour celà que j'ai envie de pleurer. Comme quand les nouveaux-nés le font. Une façon de communiquer son existence au monde. Le pleur est tout ce qu'il y a de regroupant en sensations et sentiments. On pleure parce qu'on est heureux, parce qu'on est triste, parce qu'on a peur, parce qu'on se sent mal, parce qu'on ne sait plus rien.
-On pleure surtout parce qu'on est faible. Pleurer c'est opter pour une solution de facilté. La métaphore du nouveau-né tient tout son sens dans ton cas. Mais ce n'est pas le signal d'une transcendance. C'est de la faiblesse et de la fragilité. Un bébé pleure parce qu'il n'a d'autre moyen que de pleurer. Mais qu'est ce qui te pousse à le faire ? Qu'est donc cette chose qui a volé ta langue et perverti ta raison ? Comment était ton premier rêve ?
- beucoup de questions auxquelles ne saurai y répondre. Mais pour la dernière, nous étions dans un autre pays, un endroit exotique et lointain, il y avait plein de ruisseaux et d'eau. Ce n'etait pas venise mais c'était de ce que j'imagine être l'Inde ou le Vietnam ou un mélange des deux.
Au départ j'étais dans un supermarché vide. Je faisait le caissier. J'avais le sentiment d'avoir raté ma vie.
-charmant, hahaha.
-... Ensuite j'étais dans un grand ascenseur avec elle. C'etait comme une amie, rien de plus. Nous étions prêts pour aller vers une aventure avec des amis mais on ne se parle pas. Nous nous retrouvons après dans une voiture décapotable. j'étais à coté d'elle sur les sièges arrières et des amis que je ne me rappelle pas de les avoir vu auparavant étaient devant. Elle avait des cheveux longs et noirs qui flottaient comme un drapeau de conquérant et je la regardait émerveillé. Je l'aimais.
-noirs ?
-Oui. Je me rappelle que tout le monde dans la voiture la regardait. Je crois qu'elle pleurait. Nos amis la consolaient. Je n'étais pas perturbé mais plutot confiant. Je me suis approché d'elle et je l'ai serré dans les bras. J'étais si amoureux à cet instant que je voulais que la voiture percute un arbre pour que je meure avec ce sentiment en moi..
-lâche et égoïste comme toujours haha.
-Ce n'était pas moi.
-d'accord, continue.
-Elle s'est calmé, m'a regardé dans mes yeux et serré ma main. Je ne saurai illustrer ce que j'ai senti mais c'était comme si j'avais touché un Dieu que j'ai perdu et croyait mort ou inexistant.
-Oh, tu devrais arrêter de lire Nietzsche maintenant.
-Oui et se mettre à lire le simulacre d'écrivassier que tu es.
-quel cruauté.
-Bref, on a vite retiré nos mains qui commençaient a s'enlacer, comme si le feu a brulé nos doigts. comme si on avait pris conscience qu'on a saisit le fruit défendu. Tu me diras que la pomme d'éve l'avait privé d'un paradis parce que la toucher était interdit et que rien n'interdisait de toucher la bien aimée. Mais ce que nous avons senti se temps là, le tourbillant de nirvana qui nous avait pris et étourdit, les univers depuis leurs naissance jusqu'à leurs effondrement qu'on avait vu dans les deux yeux qui nous regardaient, la ferveur de l'orpailleur à laquelle on avait gouté quand nos doigts sont partis à l'exploration, quand ils ont découvert des filons infinis et infiniment beaux des paumes de l'autre. Tout cela et bien d'autres, nous avait transporté dans une domaine reservé aux êtres divins. On savait que nous n'étions pas prêts pour une longue escale dans le Panthéon et pourtant nous y avons passé quelques millers d'années et des jours.
- On n'a plus un seul lâche maintenant, mais bien deux.
-...
- Vas-tu lui dire ?
- j'allais lui dire que je l'aimais encore dans le second rêve.
- et dans la réalité ?
- la réalité est aussi floue que les rêves. Que vais-je lui dire ? Que je suis amoureux d'elle dans mes rêves que je n'éprouve pas vraiment ce sentiment dans la vraie vie ?
-ce n'est pas que tu ne l'aimes pas, mais que tu ne veux plus l'aimer. Et cela fait toute la différence. L'amour est bien plus fort que la volonté. Vas-y Fuis comme tu l'as toujours fais !
-l'amour n'existe que dans les rêves ou dans l'océan d'hormones d'une mère ou d'un adolescent que tu as sû le rester.
-je prendrais ça pour un compliment.
-ça l'est comme l'est ta folie.
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