dimanche 13 octobre 2013

14 octobre

Durant des années je survécus avec une double identité, triple peut être. je ne dirais pas que je suis de ceux qui se définissent comme schizophrènes pour mettre un sens à une vie merdique, mais je suis un homme qui a su gérer deux personnages, en perpétuels conflits et symbiose, qui vivent en lui.
Ce n'est pas un coup égocentrique, mais je peux affirmer que j'ai construit de toute pièces l’être que je suis maintenant, l’être que je voulais que je sois. ou du moins je dirais sans l'ombre du doute que la construction prend une bonne tournure et obéit aux plans que j'ai dessinés et perfectionnés des années durant.
Je suis l'homme que j'ai toujours su garder anonyme. je suis l'homme qui n’était qu'une idée, un mirage, un mensonge je suis l'homme que j'ai construit.
Le masque d'hypocrite qu'on m'a fait porter et que j'ai longtemps entretenu prend la rouille et tombe. Bientôt il n'en restera pas un lambeau.

Le sang, les larmes, les rires et l'or ne me font plus d'effet. je les mépris même. Les corps vides des créatures sans âmes ou dotés d’âmes agonisantes ne sont pour moi qu'un paysage. je les regarde comme je contemplerai un tableau de nature morte à la recherche d'une quelconque originalité.
Jadis, les fourmilières me fascinaient. je m’abandonnais à des expériences macabres et impitoyables sur ces créatures bêtes et inutilement nombreuses dans le seul but d'assouvir ma curiosité immortelle et mon attirance sexuelle vers le savoir.
Aujourd'hui encore, je garde cette fascination envers les créature sauvages et inutilement abondantes. mais je perd le respect qu'ils m'inspirent quand mon observation se fait sans loupe.
Inutile de continuer mon délire métaphorique d’écrivassier. Je n'aime pas la populace. et si j’étais capable de vrais sentiments, je dirais que je la hais.
Je n'aime pas les pleurnichards et ceux qui se lamentent même les samedis et les jours fériés. ce sont des mâles et des femelles en règle à longueur de mois. encore plus les optimistes haut-parleurs. Je mépris ceux qui affichent leurs taux d'hormones et le nombre pitoyable de leurs QI, encore faut il insister qu'il le font d'une maniéré vulgaire. Ils cherchent le réconfort ou la raison qui leurs donneront les autres. ils cherchent la reconnaissance.


mercredi 11 septembre 2013

8

J'aurais pu écrire ceci il y a une semaine de cela, mais la paresse m'en a empêché. Amie de longue date qui m'a fait tant de fois évité des tas d'embrouille j'ai décidé de lui obéir. Ce n'était que provisoirement jusqu'à cet instant, parce qu'il fait nuit. Car la la nuit est ma muse. une négresse de cent ans et de la poussière qui me libère et me porte conseil. Un calme qui réveille un moi la peur de l'oubli, la peur du vide, la frayeur du silence. Ce n'est pas le silence  que je ne supporte pas, Mais c'est le fait que je puisse perdre mon expression et rester silencieux.

Il m'est rare d'avoir des rêves agréables. La dernière fois que ça m'est arrivée - en dehors de mes périodes de démence et de décadence intellectuelle lorsque j'étais amoureux - remonte à dix ans. Mais cette nuit là, ça s'est reproduit. C'était un songe où il n'y avait ni mort ni chute ni noyade ni noir ni cris ni vide ni calme. Un rêve curieux, simple de ses événements et personnage.. Je dirais même banale si ce n'est les quelques fragments de symboles qui s'y trouvent. Mais bouleversant de ses répercussions: du sentiment qui a fait revivre. C'est le moins que je puisse dire sur quelque chose qui met en doute des certitudes que j'élevais au rang de croyance religieuses. Mon étonnement fut tel que je croyais que mes propres sentiments soient eux aussi une partie de ce rêve. Un stupéfaction qui s'est vite transformée en angoisse à l'idée que j'ai transporté avec moi un bout de se rêve dans ma vie, lorsque j'ai compris que ce que je ressentais des heures après m'être réveillé était réel, hélas.
Je n'ai actuellement pas l'envie de relater le récit et d'analyser ce que j'ai senti. J'estime que je ne suis pas encore en mesure de tout saisir et que seul le temps garde ce pouvoir de faire murir les idées ou les laisser mourir. 

samedi 20 avril 2013

20 avril psychédélique

Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est là où réside LE secret de mon existence. mais  cette nuance entre les verbes être et suivre mérite à mon sens une place d'honneur dans le panthéon de ma pensé.

la question que je me pose maintenant - parce que je n'ai pas ce grand nombre de questions qui durent et perdurent et qui arrivent à vivre longtemps dans ma mémoire- est la suivante: qui suis-je ?
le verbe ici est non identifiable!
Et la réponse ne peut être énoncée que si on arrive d'abord à déchiffrer la question.
est-ce un "qui est la personne que je suis entrain de suivre" où un "qui est la personne que je suis" ?
mais cela n'est pas le seul mystère dans ce récit "psychédélique". car même si on arrive à discerner le verbe, le sens global même de la question reste flou!

faudrait-il répondre par "la personne est..." pour le premier cas, et "je suis..." pour le deuxième, ou est ce qu'il s'agit de répondre par "tu est et tu ne suis pas" ou le contraire.
concrètement est-ce une question qui cherche des nom ou est ce qu'elle étudie un état ?

c'est donc pour ce fait que j'ai choisi de qualifier la différence entre ces deux verbes de "nuance" et non pas de "contraste".
en vérité il s'agit de volume de dimensions et d'appartenance!
pour faciliter la chose, disons que le verbe "suivre" appartient à l'ensemble "verbe être". il n'en constitue a priori qu'une partie
On n'est ce qu'on est, que parce qu'on suit (ou on a suivi) ce qu'ils sont!
et on est aussi unique que parce qu'on a arrêté de le faire.
en fait, il ne s'agit pas d’ensembles séparés et imbriqués.. il s'agit plutôt d’ensembles "circulairement chaînés".
l'un implique l'autre sans qu'il y ait équivalence. s'il y en a c'est qu'il y a défaillance.

Je suis ce que je suis, car j'ai suivi d'autres qui sont ce qu'ils suivent.Ce qui m’empêche de n’être que ce que je suis c'est le fait de ne pas être ce que les autres le sont parce qu'ils suivent.
Je suis et je ne suis pas, est-ce le verbe être suivi par le verbe suivre ou est-ce le contraire? telle est la question. telle est ma question!





  

jeudi 14 février 2013

6


Il y a à peine deux ans j'ai vu un cher emporté par la maladie d'Alzheimer...
je me disais que j'allai assombrir le tableau, raconter plus de détails et évoquer les souffrances, j'en ai même écris un fragments. Mais finalement je m’épargne ce supplice. parce que l'heure n'est pas aux larmes, elle ne le fut pas et ne le sera jamais. et puis, pourquoi réciter la fin d'un homme pour quelqu'un qui n'a jamais connu son existence ? cherches-tu la tristesse ? Moi je ne l'avais jamais aimé. des glandes lacrymales, je n'en ai pas. Peut être que faute d'usage, la rouille y a prit le dessus.
tu peux comprendre que je n'excelle pas dans le jeu des clowns noirs, je ne veux pas vendre des larmes bêtes comme on vend les rires hystériques. je n'aime pas plagier l'art des politiciens et des religieux.
Et puis, tout cela n'est pas la volonté de mon texte. Restons dans l'oubli.

L'implication de mes racines dans cette trahison a fait que je sois suppôt de l'amnésie. on m'a fait signer  un pacte de sang  pour qu'on entretienne cette complicité... une complicité par voies héréditaires.

La nature a voulu que je sois un homme  accommodé à l'oubli. J'ai trouvé dans son chaos et son anarchie une organisation. Peut être que si on m’offrirait une mémoire ordinaire je verrai mon homéostasie perturbée, peut être que je ne serai plus ce que je suis mais ce que j’étais... Un corps inerte et un esprit qui rode là ou les idées naissent et demeurent, là ou ils ne meurent pas. une apparition qui flotte dans un hier présent, sans doute attirée par la chaleur des souvenirs interminables, que l'oubli, froid et fier, m'en a toujours privé. Je serai sans doute quelque chose du passé.
Il est facile de voir que je suis le prisonnier de cette défaillance cognitive. Je suis institutionnalisé à ce pénitencier et chaque tentative de libération me serait un fatale. 


Mais que se passera t-il si le système qui m'enferme et me protège ressert son étau? que se passera t-il si cet oubli qui m’empêche de lire un seul paragraphe d'une lettre expédiée du passé se mettrait lui même à ressembler à un souvenir... non pas dans sa localisation temporelle ou dans son implication neuronale, mais dans sa continuité et son absente expiration. 
tel un interminable fil blanc à l'éclat éphémère, l’amnésie se dessinera. et comme dans un passé mon esprit y divaguera sans épuisement, sans aboutissement... l'amnésie générale est le souvenir le plus long, là où les questions ne se posent pas, là où il n'y a pas l'ombre d'une réponse. 
Si un jour  par malheur ou par bonheur je passerai a cet état , et qu'on m'offrirait la chance de garder un seul et unique souvenir, que choisir ? 
disons que c'est un souvenir qui ressuscitera la nature de l'homme que j’étais.

un fragment de ce que j’écris peut être ? et si je ne le comprendrai pas ?  En temps normal je me demande parfois si je comprends bien ce que j’ai écris ou si plutôt j’écris vraiment ce que j'ai pensé. Peut être qu'au moment de l’éclosion de la pensée il y a eu distorsion, et qu'a force de croire en une idée et d'y vivre on ne se rend pas compte de la perversion qu'elle pourrait subir. 

une perversion qui affectera systématiquement le lecteur bleu que je serai et qui donnera naissance à une personne que je n’étais pas.Un risque à ne pas prendre faute de confiance en ma lucidité. 

Une musique alors ? un Summertime, un So What, ou une grande HalfaouineCar en dehors du fait qu'elle décrit fidèlement mes états d’âmes mon parcours et même mes désirs, la musique, la vrai n'a nullement besoin de connaissances ni des règles linguistiques, que j'aurais surement oublié, pour se faire comprendre. Mais pourrai-je confier mon âme aux mains des artiste et des écrivains ? peut-on avoir confiance aux autres quand on doute de sa propre honnêteté ?  
La réponse est évidement un non, faute de confiance aux autres. 




"Il n'y a plus plus rien", Je le dirai comme disait Ferré. Il n'y aura certainement plus rien du passé.
Triste sort ? Je pense plutôt que c'est une chance inouïe. Pouvoir tout recommencer de zéro, du zéro absolu, au printemps de l'age. Pouvoir contrôler ce qu'on est, ce qu'on sera, sans avoir à subir le moindre endoctrinement et le moindre formatage, sans avoir a prendre des leçons de peur et de lâcheté, des leçons de mocheté et de laideur...l'art du mensonge... tu sais, ses exercices des vieux qui te matraquent depuis ton premier cri et qui te guettent jusqu’à ton dernier, et que tu ne manquera pas de léguer à tes prochains par réflexe mais aussi par malice. 
Libéré "des" Surmois, des remords et des reproche je serai plus fort. certainement vide, mais pas vidé.  
Être l'Homme sans marques d’autrui, sans bleues, sans cicatrices. vivant ici et Aujourd'hui, pour demain.

On dit que les nations sans histoire n'auront pas le futur facile ainsi que les hommes. Je dis que le problème réside dans cette liaison du passé avec ce qu'on est maintenant. l'ennui est dans cette chaîne incassable que la rouille du temps ne serait détruire et qui nous prend dans cette boue de subjectivité.
Je saurai ravi de savoir ce que j’étais, mais j’écouterai mon passé avec l'oreille du lecteur, comme je le fais pour les histoires des autres. parce que la personne que j’étais est toujours un autre, il n'est pas moi.  
Il n'est pas digne de confiance et je m'en moque de la carte de route ainsi que la poignée de main qu'il me tend.

j'aurai peut être gagné quelques pas dans ma quête obsessionnelle de la liberté!         
encore faut-il que je réinvente ce morceau de pensée quand il sera temps. 

jeudi 10 janvier 2013

5

À chaque fois que l'ennui me ronge, par tristesse ou par joie, je divague.
Oui la joie m'ennui comme tout autre état d'âme d'ailleurs. Ce n'est pas de sentiments qu'il en est question, mais c'est une affaire de temps, de durée et de routine. Mon âme extrémiste et perfectionniste l'a voulue.
Parce que, je préfère aller jusqu'au bout, attendre, quand la situation ne m'est pas favorable, ou abandonner tout bonnement quand l'échec ou l'imperfection sont éminents.
j'empreinte toujours les chemins les plus longs mais les plus sûrs .Je planifie tous mes mouvements jusqu'aux moindres détails, même mes émotions ne me surprennent que rarement, ce ne sont que des réponses réflexes aux provocations. Et s'il n'en ai pas le cas, il auraient sans doutes existé quelque part dans mes élucubrations.
C'est de cette façon que chaque émotion dure et se prolonge jusqu'à la prochaine. Et c'est grâce à l'interminable attente du changement que je me perds dans mes divagations, mes carte de routes les plus fidèles, celles qui me conduiront aux autres chemins et autres divagations.
Et c'est ainsi que ce cercle se construit, ce cercle vertueux.. du moins jusqu’à la rédaction de ses quelques lignes