dimanche 30 décembre 2012

30 décembre 2012

- m'aimes tu encore?

Il avait déjà attendu cette question depuis des mois. Il avait même préparé Son discours.
Des jours durant, l'ennui le poussait à rédiger une réponse à cette éventuelle interrogation. Ce n'est donc pas de l'improvisation. Bien loin de cela, c'est une synthèse de toutes les idées qui ont pu traverser son esprit à un certain moment.
En même temps cela ne l'empêche pas d'être sincère et de garder une réponse spontanée, Car même si ce qu'il allait dire est une image finale d'un grand puzzle, Les fragments qui le constituaient restaient une réflexion de l'état réel des choses sans ajouts, sans artifices, et sans mensonges.
Disons pour résumer que ce n'était pas un discours politique.

-Je ne sais pas.

C'est ainsi qu'il commence. Il marque un temps d'arrêt, et continue.

-Je ne sais pas, Mais il y a certaines choses cependant, dont j'en ai l'ultime conviction.
Pour commencer, je ne t'aimais pas. J'étais fou de toi. C'était sûrement un cas psychopathologique. Car de tous les romans, de tous les livres et de toutes les pièces qui traitent l'amour et la passion que j'ai eu l'occasion de lire, je n'en ai recensé aucune histoire, ni aucun cas qui ressemblait au mien.
De la joie par-ci, Du chagrin par-là, Des larmes, une douleur, Des rires.. Et puis c'est la fin.
Toutes les histoires d'amour ont une fin. Une séparation, un oublie, un suicide, ou une union éternelle.
Ce n'était pas mon cas cette fois. J'en conclus que je ne t'aimais pas.
C'était quelque chose de bien plus profond que l'amour. Car ce qu'elle a engendrée est bien plus profond que tout ce qui m'était affligé depuis ma naissance.

J'appelle cet amour maladie métamorphosante.

Une métamorphose à l'inverse de Kafka, mais pas à l'image de la chenille. Non ce n'est pas une renaissance.
Ce n'est même pas quelque chose de brutal, de rapide et de surprenant. Ou peut-être qu'il l'est pour les autres. Je peux affirmer que nous n'avons pas les même repères et nous ne marchons pas vers la même direction. Les plus part sont fixes, stagnants. Ils sont debout là, leur yeux bougent. Cette mobilité les effraie, les choque. Et plus encore, il y a ceux dont les globes oculaires empêchent toute rotation. Ceux là, pensent que je suis perdu, car il ne m'ont plus dans leur champ de vision.

- Tout ça reste flou et ambigu, je n'ai pas pu saisir le sens de tes mots. Es-tu un cafard que l'amour a rendu Homme? Sommes-nous autres, tous restés cafards parce que nous n'avons pas réussi à suivre ta décadence ou ton envol ?

-Je ne sais pas pour les autres dont tu n'en fais pas partis. Et je ne sais pas s'il s'agit de mouches, de fourmis, de chiens, de moutons ou de la merde. Il faut pour cela tuer l'autre qui vit en nous et autopsier son cadavre. Ce qui n'est pas mon affaire actuellement. Je ne suis pas encore prêt.

Je dois cependant éclairer un idée: ce n'est pas cet amour , cette maladie métamorphosante qui métamorphose. absolument pas, c'est ma lutte pour guérir qui le fait.

- Alors, pourquoi l'appelle tu "métamorphosante" ?

-Parce que ça reste un ingrédient principal de la potion.
Une lutte nécessite deux rivales : c'est de cette maladie et de la volonté de s'en débarrasser qu'il est question. Et C'est une révolte comme celle de mon peuple qui s'est déclenchée un jour, un 2 septembre pour être précis.
Une révolte contre tout ce qui opprime, tout ce qui vole. Une révolte contre l'État, mais surtout contre Dieu.
Une révolte métamorphosante d'ordre théologique.

- Théologique? Mais que vient faire la théologie dans les histoires d'amour?

- C'est que ton amour est ma religion. C'est une évidence. C'est en cherchant à m'en débarrasser que je suis devenu athée.

- Athée? Religion? Maladie? Je pense que c'est de folie qu'il s'agit! En ai tu guéris finalement?

- Et être apostat?

Il sourit, et continue son discours plusieurs fois interrompu.

- À vrai dire, je n'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est que cette maladie ne m'a pas frappé une deuxième fois. Est-ce un signe de rétablissement, ou est ce que cela vient du fait qu'on ne peut pas retomber malade alors qu'on l'est déjà? Cela reste encore sans réponse.

lundi 19 novembre 2012

3

C'est en marchant au pas de tortue sur le quai de la gare de Tunis que cette pensée semblant fasciste à la première lecture -et écriture- m'est venue à l'esprit. je l’écris quand même, parce que c'est ce que j'ai toujours pensé, ou c'est ce que mes rares instants de lucidité me laissent croire.

"Les vieillards et les invalides sont des maladies de la société. Je ne sais quel dieu ou supplice les a réduit à cet état lamentable, méprisable, mais ça leurs revient d'assumer le fait d’être aussi faibles face au temps et à ce qu'ils appellent destin.
Ils sont des ralentisseurs de l’existence. Ils injectent leur sale paresse dans les artères du troupeau.
Mettez les à l’écart.
Ne les bannissez pas, car cela rendrai le troupeau euphorique et joyeux. Il bannira alors tous les faibles, tous les os, et il n'en restera que le comestible. cela le rendrait conscient de sa véritable force, il dansera sa victoire.
Un troupeau conscient de sa force et victorieux, n'en sera plus un. il sera un Homme.

Ne les bannissez pas.Mettez les plutôt au dernier rang. qu'ils périssent derrière de mépris et de haine; et qu'ils ne pourrissent pas dans la foules des mains tendues.
Ne les enterrez pas à leur Deuxième mort. Nous n'avons pas le temps pour cela. empaillez les uns, momifiez les autres.
Laissez le troupeau organiser sa propre hiérarchie. Laissez les plus grands traîner les momies. Laissez les surtout les porter. Ordonnez aux minuscules de suivre "
                

mardi 2 octobre 2012

Vide, et je ne sais quelle lourdeur

                 C'est donc ça la mort? être réincarné dans l’étroitesse d'un corps vidé de son âme  Se voir condamné à revivre chaque jour la même veille et le même lendemain, un état dans-lequel ni Samsâra ni Éternel retour ne peuvent être décrits. Une haie derrière-laquelle le Temps (Dieu pour les intimes), ce fou créateur , n'existerait pas et devant-laquelle ce Temps, Chronos , n'aurait jamais pu existé.        

         C'est donc ça? ne rien éprouver à l’égard de cette expérience ridicule. Rien. Ni joie, ni tristesse, ni remord, ni peur, ni chagrin, ni espoir, ni désespoir, ni dégoût, ni révolte, ni poids, ni légèreté, ni lourdeur, ni foi, ni l'envie de juger le nombre des virgules. Ni même la lourdeur des chaines sans boulet.

         Il m'est venu à l'esprit que les chaines ne pèsent lourd que sur les bras des Hommes libres, les esclaves ne sentent rien qui puisse révolter et appeler à la désobéissance. les chaines n'ont jamais servis à déranger un esclave. ils n'ont en jamais fait de lui un.
Toute la Douleur se manifeste quand il doute; quand le temps reprend son mouvement et ses membres aussi.
Toute la Lourdeur se fait sentir quand il refuse; quand il détache ses chaînes, quand le temps continue sa marche.
L’indifférence est mort du temps.elle vient quand les chaines ne sont plus. elle est victoire.
Comme ce fut le temps quand il était esclave. quand les chaînes n’étaient pas. elle est échec.       


         Tous ce que j'ai pu écrire, tous mes textes et mes mots, m'ont servis de thérapie. ces mots là ne le sont pas. Seulement des lignes pour dater mon absence et ma décadence; une mort.     
        

dimanche 1 juillet 2012

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c'est aujourd'hui que j'ai décidé de commencer à écrire ici. un jour qui n'a rien de spécial, parmi tous les jours qui se ressemblent depuis que ma Patrie et moi avons changé ... mûris peut être par les échecs et les victoires, par les expériences qui ne nous ont pas tuées, et ne nous ont pas rendu plus forts non plus.
il faut dire que je n'en suis pas à mon premier essai , ni au deuxième, ni même au centième. j’écrivais beaucoup même si j'ai perdu l'usage des phrases depuis. c’était par plaisir et par résistance... c’était surtout pour apaiser ma faim.


Pour moi, l'expression est à la fois un droit et un besoin, de l'eau et de l'urine.

Le droit; l'eau, c'est cet apport qui s'effectue à chaque fois que que tu arrives à pondre des lettres que tu consommeras après. c'est cet instant exceptionnel où tu arrive à te surprendre par tes propres mots, tes pensées pourtant connues, mais entassées, concentrées, statiques, sèches, brutales.
c'est surtout cette
 capacité à avancer, à faire transformer le "brut" en "comestible", ce pouvoir de réaliser enfin ce mouvement perpétuel impossible, de défier la loi de Lavoisier : "rien ne se crée tout se transforme".
Car en écrivant, en diluant ses pensées, des idées se transforment en encre, d'autres naissent du néant, de l'instant utérin.
C'est à chaque fois un Big Bang incontrôlable et imprévisible d’émotions et d'accents.
L'eau c'est le droit de recevoir le surplus qui te distingueras des autres et de la personne que tu as été hier.    

Le besoin; l'urine, c'est le réflexe naturel de vomir une bonne part de ce que ton organisme rejette.
L'urine c'est surtout de l'eau, c'est tout ce qui définit le droit, ajoutée à une raison, un prétexte parfois, pour l’évacuer.

Car on n'exprime son droit que lorsque le besoin de l'exhiber est là.
physiologiquement parlant, on bois l'eau ( avec tout l'apport qu'elle fournit) principalement pour pouvoir l'uriner.
 

samedi 30 juin 2012

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"Les véritables bouleversements historiques ne sont pas ceux qui nous étonnent par leur grandeur et leur violence. Les seuls changements importants, ceux d'où le renouvellement des civilisations découle, s'opèrent dans les idées, les conceptionset les croyances. Les événements mémorables de l'histoire sont les effets visibles des invisibles changements de la pensée des hommes."
Gustave Le Bon, Psychologie des foules